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Les différentes monnaies

en Sarre et leur pouvoir d’achat


 

Le contenu de cet article

A) Les différentes monnaies :

    1) Reichsmark  2) Mark sarrois  3) Franc français  4) D-Mark

B) Leur pouvoir d’achat

 

Regardez les images des billets du >mark sarrois et des pièces >sarroises de francs français avec les détails numismatiques.

 


Traduction française (par Rita Bruchier) de notre page « Saarländisches Geld » 

 

 

A) Les différentes monnaies en Sarre    

 

 

Le changement fréquent de l’argent en Sarre reflète l’histoire mouvementée de ce pays.

 

Avant 1945 :

 

Jusqu’en 1923 : Dans l’Empire germanique, qui fut fondé en 1871 et auquel appartenait aussi le pays de la Sarre, le moyen de paiement était le mark à partir de 1873.

 

Du 1er juin 1923 au 28 février 1935 : Après la Première Guerre mondiale, en 1920, la Société des Nations prit en charge l’administration de notre pays sous le nom de « Saargebiet ». En 1923 celui-ci fut rattaché à la France dans le domaine économique. C’est la raison pour laquelle le mark fut remplacé par le franc français.

 

A partir du 1er mars 1935 : Lors du rattachement de la Sarre à l’Allemagne hitlérienne en 1935 c’est le Reichsmark qui fut introduit, comme dans le Reich entier. Au cours de la conversion monétaire en 1935 le taux de change fut de 0,1645 RM pour un franc.

 

 

Après 1945 :

 

Après la Seconde Guerre mondiale, il n’y avait pas moins de quatre monnaies différentes comme moyen de paiement légal en Sarre :

 

 

 

1) Le Reichsmark (RM) : jusqu'au 16 juin 1947

 

 

Après la fin de la guerre le Reichsmark (RM) resta même pendant l’occupation par les Américains (à partir de mars 1945) et par les Français (à partir de juillet 1945) le moyen de paiement légal en Sarre. Déjà avant que la France sépare la Sarre de la zone d’occupation française (fin juillet 1945), l’échange d’argent et de capitaux avec les autres zones d’occupation et même avec le reste de la zone française était en général défendu. C’était une première mesure des Français pour isoler la Sarre du reste de l’Allemagne.

 

Le gouvernement français décida par le décret du 4 juin 1947 la fin de la validité du reichsmark dans le pays de la Sarre à partir du 16 juin 1947. Ce jour-là tous les billets de la banque du Reich ainsi que les billets mis en circulation par les Alliés perdirent leur valeur comme moyen de paiement légal et furent retirés de la circulation. Il fallut rendre aussi les pièces de monnaie en argent de 2 et 5 RM, leur possession fut même défendue plus tard. Cependant les pièces de monnaie allemandes de la valeur de 1, 5, 10 et 50 Pf qui étaient en circulation con- servèrent leur validité jusqu’à l’introduction du franc français (voir le par. 3). D’ailleurs dans les trois autres zones d’occupation occidentales en Allemagne, le reichs- et le rentenmark furent remplacés seulement un an plus tard, c’est-à-dire le 20 juin 1948, au moment où le nouveau D-Mark fut mis en circulation (à peu près un an avant la fondation de la République fédérale, le 23 mai 1949).

 

 

 

2) Le mark sarrois (Saar-Mark, SM) : du 16 juin au 20 novembre 1947

 

(Images et description de toutes les notes du Saar-Mark: cliquez ici)

 

Après l’abrogation du reichsmark, le 16 juin 1947, une monnaie de transition fut introduite pour un certain temps. La « Mission Economique Française en Sarre » mit en circulation le « mark sarrois » (Saar-Mark) à partir de ce jour-là. De cette manière la séparation de la Sarre du reste de l’Allemagne fut commencée et l’union économique avec la France fut préparée. De plus on voulut ainsi se procurer une vue d’ensemble des sommes en reichsmark que les Sarrois possédaient encore avant l’introduction du franc français en Sarre prévue pour plus tard. Seuls les résidents de la Sarre avaient le droit de changer leurs reichsmark en mark sarrois. Il s’agissait de « personnes physiques qui étaient à ce moment en possession d’un carnet de ravitaillement délivré en bonne et due forme par l’administration sarroise » ainsi que des personnes juridiques qui étaient propriétaires d’un établissement à l’intérieur de la Sarre. Ainsi voulait-on éviter avec cette restriction que des spéculateurs étrangers à la région ne s’enrichissent par le change monétaire en apportant des réserves de reichsmark des autres zones d’occupation pour les changer ici en mark sarrois et plus tard en francs.

 

Les habitants de la Sarre pouvaient alors changer leurs reichsmark en billets de mark sarrois nouvellement créés au cours du change 1 :1. Les billets de rentenmark (c’était une monnaie de transition allemande, adoptée pour faire face à l’hyperinflation qui sévissait entre 1919 et 1923 [Wikipédia]) et le mark de l’administration militaire des Alliés furent acceptés aussi. Cependant au début, uniquement la somme de 300 SM par chef de famille put être changée, s’y ajouta la somme de 100 SM pour chaque membre du ménage (l’épouse et les enfants non encore majeurs). En cas d’existence d’autres possessions de RM on délivra des quittances au nom du propriétaire qui furent créditées jusqu’au 1er juillet 1947 au plus tard sur un compte en banque créé exprès pour cette opération. Tous les comptes furent bloqués jusqu’à ce qu’on ait con- staté que leurs propriétaires avaient leur domicile en Sarre et étaient les détenteurs véritables de l’argent.

 

La somme totale du change s’est chiffrée à environ un milliard (d’après d’autres sources à deux milliards) de marks. Pendant la validité du mark sarrois aucune pièce de monnaie ne fut frappée dans cette monnaie. Les anciennes pièces allemandes (1 à 50 RPf) gardèrent par contre leur validité. Seuls les billets furent nouveaux. Ils avaient la particularité d’être imprimés en deux langues (français et allemand). Seulement pendant cinq mois à peu près, le mark sarrois resta le moyen officiel de paiement en Sarre, c’est-à-dire jusqu’au 14 (ou 20?) janvier 1947. Ensuite il fut changé en franc français. Mais il put encore être utilisé jusqu’au 14 janvier 1948 et jusqu’au 30 janvier 1948 être changé en francs.

 

 

 

3) Le franc français (Fr) : du 20 novembre 1947 au 5 juillet 1959

 

 

Le 20 novembre 1947, le franc français devient la monnaie de la Sarre pour douze ans.

 

Après l’acceptation du projet de loi concernant le changement monétaire définitif en franc français pour la Sarre par le Parlement français le 15/11/1947, avec une majorité des trois quarts, le mark sarrois fut remplacé par le franc français. Celui-ci devint alors à nouveau, le 20 novembre 1947, le moyen unique de paiement en Sarre (ce qu’il avait été déjà une fois, en effet de 1923 à 1935, alors que la Sarre de cette époque se trouvait sous l’administration de la Société des Nations). On voulut démontrer par la réintroduction du franc en fin 1947 que la Sarre était alors définitivement indépendante économiquement de l’Allemagne. L’union économique et douanière complète avec la France fut effectuée officiellement le 30 mars 1948.

 

Le 20 novembre 1947, les anciennes pièces des « Reichspfennige » perdirent aussi leur validité en Sarre. Simultanément les pièces et les billets français furent introduits officiellement comme moyen de paiement. En tout 18 milliards de francs furent mis en circulation. Le taux de change fut fixé d’une manière décevante : seulement 20 francs pour 1 mark sarrois. Cela ne correspondait pas à la situation du marché de l’époque et fut considéré comme injuste par beaucoup de gens. Le pouvoir d’achat du mark sarrois fut en réalité au moins doublement plus élevé et correspondait à environ 40 à 50 francs par mark. Le cours fut fixé d’une manière aussi basse parce qu’il aurait fallu s’attendre - s’il en avait été autrement -  aux protestations des Lorrains et des Alsaciens qui avaient dû accepter aussi un cours de change plus bas en comparaison au pouvoir d’achat lors de leur rattachement à la France en 1944. Les pertes que les Sarrois durent subir à cause de la conversion monétaire ne correspondaient pas à celles que les habitants des trois zones allemandes d’occupation durent accepter en juin 1948 lors de la réforme monétaire. Les Sarrois étaient en outre avantagés par la date plus avancée de la conversion monétaire en comparaison avec les autres zones d’occupation.                            

 

En échange des billets de mark sarrois on reçut tout de suite de l’argent français en liquide aux guichets de change, les dépôts en banque par contre subirent d’abord en partie un blocage comme avant pour le change du reichsmark en mark sarrois. A l’aide de cette mesure on voulut bloquer la demande parce que l’offre de marchandises était encore très limitée.           

 

Neuf ans plus tard, dans le Traité réglant la question de la Sarre ( Luxembourg, 27 octobre 1956), il fut stipulé que le franc français restait la monnaie en cours également pour la durée de la période transitoire entre le rattachement politique (le 1er janvier 1957) et le rattachement économique de la Sarre à l’Allemagne. La période de transition devait se terminer au plus tard le 31/12/1959, mais cette date fut avancée au 6 juillet 1959. A ce soit-disant « Jour X », la Sarre se transforma d’une région économique française en une région économique allemande.

 

Les pièces sarroises de francs français ( à partir de 1954 )     (Images et description de toutes les pièces: cliquez ici)

 

Le droit de battre monnaie fut aussi accordé à la Sarre dans le cadre de la convention sur la Sarre. Ainsi le gouvernement put mettre en circulation ses propres pièces de monnaie et démontrer par cette occasion à sa population et au monde entier la consolidation de la souveraineté du pays.

 

Le Parlement vota alors le 7 juillet 1954 une loi au sujet de l’émission de pièces (loi de la Monnaie). Par la suite quatre pièces de monnaie sarroise avec l’in- scription en allemand et les armoiries sarroises furent frappées. Fabriquées à Paris, elles valaient 10, 20 et 50 francs (frappées en 1954) et 100 francs (en 1955).

 

  

La quantité de pièces sarroises pour chaque valeur dut correspondre à la quantité de pièces françaises en circulation proportionnellement au nombre d’habitants des deux pays. Si la France avait frappé des pièces de monnaie d’une autre valeur (ce qui ne fut pas le cas), il y aurait eu des frappes correspondantes en Sarre.     

 

Les pièces de monnaie sarroise devaient correspondre en alliage, en diamètre et en poids aux pièces françaises de la même valeur nominale. Le but de cette mesure fut entre autre probablement que les deux sortes de pièces puissent être utilisées sans problèmes.

 

Jusqu’à la frappe de ces pièces en 1954 c’était uniquement l’argent français qui circulait en Sarre. Et même après la frappe des pièces de francs sarrois en 1954/55 les valeurs inférieures (1, 2, 5 frs) n’existaient qu’en fabrication française. Pour les valeurs supérieures (10 jusqu’à 100 francs) les pièces françaises et les pièces sarroises étaient valables. Ces dernières étaient en outre même acceptées dans beaucoup de magasins près de la frontière française (Forbach, Sarreguemines), mais dans les localités plus éloignées elles étaient refusées.

 

Vous trouvez des descriptions détaillées numismatiques des pièces sarroises, des artistes qui les ont faites ainsi que des frappes spéciales sur la page Saar-Franken-Münzen.

 

Les pièces sarroises faisaient partie de la monnaie française. Dans le Traité sur le règlement de la question de la Sarre (Luxembourg 1956) il est stipulé : « Elles sont des moyens de paiement aussi bien que les pièces de monnaie françaises et sont également un moyen de paiement légal ». Elles étaient uniquement valables en Sarre, mais ne représentaient pas une propre monnaie sarroise. L’inscription allemande « Franken » se référait au franc français. Par aucune loi ni aucun décret une monnaie avec la désignation « Saarländischer Franken » ne fut créée.

 

Il n'existait pas de billets de francs sarrois imprimés en allemand, seuls des billets français avec la désignation « Francs » furent utilisés sans interruption. (Regardez, comme exemple, un peu plus haut la note de 50 Frs. de 1947.)

 

 

 

4) Le mark allemand (Deutsche Mark - DM) :

 

à partir du Jour X (le 6 juillet 1959)

 

 

Le « Jour X », longtemps attendu par la population sarroise, les francs français furent changés en « Deutsche Mark ». Ainsi la période transitoire de trois ans pour la reconversion du système économique sarrois (commencé le 1er janvier 1957) prévue dans le « Traité réglant la question de la Sarre » de 1956, fut raccourcie de presque 6 mois, entre autres pour éviter la dévaluation progressive du franc français.

 

Le terme « Jour X » vient de ce que la date exacte ne fut pas annoncée à l’avance mais à court terme (seulement deux jours avant) pour prévenir la spéculation. Alors qu’en 1947 18 milliards de francs avaient été introduits en Sarre, maintenant la somme totale des francs changés en DM se chiffrait à plus de 30 milliards.

 

Le taux de change : 100 Frs – 0,8507 DM (1 DM valait donc 117,5 Frs).

 

 

 

 

 

Lisez tous les détails sur le « Jour X » (en allemand et avec beaucoup d'illustrations) sur notre page Der Tag X.

 

 


 

 

   

B) Que pouvait-on acheter avec les différentes monnaies ?

 

 

1) Du temps du reichsmark et du mark sarrois (jusqu’à fin 1947)

 

Les rares denrées alimentaires disponibles peu après la guerre devaient être rationnées et distribuées à la population à l’aide de cartes de ravitaillement.

 

Egon Gross décrit la situation de l’approvisionnement de la population après la guerre sur la page « juin » du Calendrier Historique de Lebach de 2006. Il souligne qu’à l’époque régnaient la faim, la misère, la détresse causée par les destructions, par la persécution et par la peur d’être expulsé du pays.

 

Dans sa description il parle du combat pour le pain quotidien et pour la survie. Comme la répartition du pain et des matières grasses ne suffisait pas , on se nourrissait surtout de pommes de terre.

 

On était forcé de partir avec un sac à dos pour se faire des réserves en échangeant des marchandises. Pour se procurer le strict minimum, on échangeait des bijoux, des tableaux et d’autres objets de valeur contre du pain, des pommes de terre, des légumes etc. L’auteur signale aussi la présence d’un marché noir développé en peu de temps. Une livre de café pouvait y atteindre le prix de 700 à 800 reichsmark, et une seule cigarette y coûtait 6 à 10 reichsmark.

 

C’est alors à la fin de l’année 1946 que la période de famine la plus dure commença pour les Sarrois quand le gouvernement militaire ferma hermétiquement la frontière entre la Sarre et l’Allemagne de sorte que les Sarrois ne pouvaient plus passer pour faire des provisions.

 

 

2) Avec le franc français (à partir du 20 novembre 1947)

 

Après l’introduction du franc et le rattachement économique à la France, on pouvait tout d’un coup acheter à nouveau beaucoup de produits dont on n’osait pas rêver jusque-là. Les amis et parents qui habitaient au « Reich » (expression utilisée longtemps par les Sarrois pour le reste de l’Allemagne – certaines personnes âgées l’utilisent encore aujourd’hui en plaisantant) arrivant en visite, étaient étonnés de trouver ici une situation où l’approvisionnement était devenu plus facile qu’en R.F.A. On entendait souvent dire : « Vous vivez ici comme dans un Pays de cocagne ».

 

Cette situation s’expliquait simplement par le fait que nous pouvions en Sarre profiter de nombreux avantages grâce à notre union économique avec la France, puissance victorieuse de la Guerre mondiale.

 

L’auteur Egon Gross décrit ce changement dans l’approvisionnement et souligne que beaucoup de denrées alimentaires étaient alors disponibles sans cartes de ravitaillement, comme p.ex. des œufs, du fromage, de la confiture, du miel, certaines conserves et de la chicorée (comme ersatz de café). Mais les prix augmentaient d’une manière dramatique, une livre de pain qui coûtait p.ex. seulement 0,55 mark sarrois en octobre 1947, atteignit le prix de 40,55 francs, ce qui correspondait à 2,03 marks sarrois, donc quatre fois plus. Le nouveau gouvernement sarrois sous le Premier Ministre Johannes Hoffmann lança un appel à la population pour qu’elle s’approvisionne raisonnablement afin de ne pas tomber dans le piège des prix trop élevés. L’achat des aliments de base restait lié aux carnets de ravitaillement. C’est seulement en début 1949 que les prix ont baissé.

 

Après la réforme monétaire dans les autres zones occupées de l’Allemagne de l’Ouest, le 20 juin 1948, l’offre de marchandises augmenta là aussi, et en même temps les prix montèrent.

 

 

3) Avec le D-Mark (à partir du 6 juillet 1959) :

 

Vous trouvez des explications détaillées sur ce sujet sur notre page Der Tag X (en allemand et avec beaucoup d`illustrations).

 

 


 

 

Sources:

- Helmut Grein, Dr. Alois Prediger, Wolfgang Bonaventura. Die Kreissparkasse Saarlouis - Tradition, die bewegt! Eine Region

  im Brennpunkt der Geschichte 1816 - 1857 - 2007. 150 Jahre KSK Saarlouis. Saarlouis, 2007.

- 125 Jahre Währungsgeschichte an der Saar. Herausgegeben von der Landeszentralbank im Saarland. Saarbrücken, 1984.

- Günter Scharwath. Vom Saarbrücker Groschen zur Deutschen Mark. Geldgeschichte der Sarregion. Saarbrücken 2005.

- Holger Rosenberg. Bearb.: Hanns-Ludwig Grabowski. Die deutschen Banknoten ab 1871. 15. Auflage 2005. Regenstauf 2005.

- Michael H. Schöne. Das Papiergeld im besetzten Deutschland 1945 - 1949. Regenstauf 1994.

- Lebacher Historischer Kalender 2006, Juni-Seite.

 

Sources des images de cette page-ci:

- Les pièces de monnaie: R. Freyer

- Les notes bancaires: Voir page Saar-Mark-Noten.

 

(Traduction: Rita Bruchier.)


Cette page fut commencée le 13 juin 2011, dernièrement édité le 2/04/2016

 

 

Regardez les images des billets du mark sarrois et des pièces sarroises avec les détails numismatiques. - Vous trouvez des images

et des explications détaillés sur les cartes de ravitaillement, Primes de régularité pour les mineurs etc, sur la page Bezugsscheine.

 

 

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